Fin du RTC: calendrier et enjeux

Un article de la Team.Connectobusiness

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Aujourd’hui, le réseau téléphonique commuté (RTC) est devenu obsolète. Ainsi, il va être mis hors service par étapes et remplacé par des solutions IP. Quid des entreprises travaillant avec cette solution ? Quid des échéances ? Quid des solutions de remplacement ?

Désuet, coûteux, le bon vieux téléphone fixe commuté va disparaître. Tous les opérateurs, au niveau mondial, ont programmés sa mise hors service. Le RTC est dépassé technologiquement. Sa maintenance est onéreuse (et délaissée de plus en plus), plus aucun déploiement (même limité) n’est envisagé et enfin son coût énergétique important (les câbles autoalimentent les postes terminaux en énergie) à l’opposé des orientations des politiques énergétiques. 

Orange a donc prévu sa mise hors service pour les années à venir. Il faut savoir que dans les nombreux centraux téléphoniques d’ancienne génération encore actifs, certains composants sont hérités des technologies électromécaniques qui datent de plus de 30 ans (pièces de rechange très rares, réparation très coûteuse, maintenance réduite). 

Les informations diffusées sur ce document n’engage que Connectobusiness et n’ont en aucun cas de valeur contractuelle avec aucun opérateur. Ces informations, recueil d’expériences et de connaissances des experts Connectobusiness sont proposées à titre indicatif.

Pour Orange, cette obsolescence des autocommutateurs dits ‘publics’ concerne environ 300 systèmes en France. Découvrez ci-dessous le planning prévisionnel Orange.

Différentiel technologique

Dans leur réseau coeur ou ‘core-backbone’, les opérateurs ont commencé depuis longtemps le remplacement de la technologie vieillissante (TDM Time division multiplexing) par des solutions IP (Internet Protocol), c’est à dire, la voix sur IP (VoIP) sur infra de fibre optique. Cependant la téléphonie traditionnelle des années 80 subsiste en parallèle, ce qui signifie des coûts de maintenance élevés et des risques croissants de panne et de dysfonctionnements.  

Cependant, la fin du RTC ne signifie pas la fin du réseau cuivre (ou paires torsadées), contrairement à ce qui est dit à tort ici ou là. Le réseau cuivre conserve sa raison d’être pour le support d’autres formes de télécommunications désormais numériques, comme les services de liaisons spécialisées et, bien sûr, les accès à Internet xDSL, utilisant des ‘box’ GP ou B2B apportant la téléphonie fixe sur IP.

Le calendrier public d’Orange en 3 étapes

En 2016, Orange a soumis au régulateur des télécoms, l’ARCEP, un calendrier de fermeture progressive de ce réseau RTC, confirmé en 2017. L’autorité des télécoms avait en effet exigé une période de préavis de 5 ans. 

De ce calendrier, il ressort que dès la fin de 2018, il ne sera plus possible de commander de lignes de téléphone analogique sur l’ancien modèle, plus possible d’installer un bon vieux fax sur une ligne analogique dédiée.

« A partir du 4ème trimestre 2018, en métropole, les nouvelles lignes téléphoniques fixes ne seront plus construites sur le Réseau Téléphonique Commuté (RTC) mais sur la technologie Voix sur IP. Tous les opérateurs proposeront alors des offres commerciales adaptées », explique Orange, qui ajoute : « Le RTC continuera de fonctionner pour toutes les lignes existantes, la migration progressive vers la nouvelle technologie IP de ces lignes existantes ne devant commencer qu’à partir de 2022 au plus tôt. »

Au 4ème trimestre 2019, ce sera en métropole l’arrêt des offres ‘multi-lignes’ pour les clients professionnels et entreprises, c’est-à-dire les lignes T0 ou services Numéris (nom de l’offre RNIS d’Orange). 

A partir de 2022 « au plus tôt », sera enclenchée la « migration progressive, année par année et zone géographique par zone géographique des lignes téléphoniques RTC existantes vers le tout IP ».

Cette migration progressive se fera selon un découpage géographique regroupant des « ensembles de communes ou d’arrondissements ». Selon l’engagement pris auprès de l’ARCEP, Orange doit annoncer la fermeture du RTC, région par région 5 ans à l’avance, c’est-à-dire que les premières notifications sont attendues à partir de la fin de cette année 2017. 

Aux opérateurs, Orange doit proposer une offre de gros appelée « Accès Essentiel », pour qu’ils développent une offre de téléphonie sur IP (non couplée à Internet, donc c’est via un modem ou une box). Une même ligne ne pourra pas être exploitée par un opérateur pour la VoIP et par un autre pour l’accès Internet à haut débit. Orange rassure également sur le fait que le dégroupage partiel et le « bitstream non nu » (DSL Access) continueront d’être commercialisés. 

Pour les usages dits « spécifiques », comme les communications entre machines (alarme, supervision, télésurveillance, télé relève, lignes d’ascenseur, etc.), Orange a porté le sujet auprès de la FFT (Fédération Française des Télécoms) afin d’examiner les alternatives possibles (dont l’IoT, Internet des objets).

Les avancées du ‘tout IP’

Les opérateurs ont eu le temps d’affûter leurs offres alternatives. Certains ont depuis longtemps pris les devants auprès des entreprises en optant dès le départ pour des solutions ‘tout IP’, à partir d’autocommutateurs IP (IPBX) ou en hébergeant tout le service chez eux. Pour en savoir plus vous pouvez vous reporter à nos posts « Besoin d’aide pour revoir votre infra Télécom d’entreprise ? » et « Débrief des technologies disponibles pour mon infra Télécom d’entreprise »

Sources: Orangezdnet.fr

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